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L'album Contredanses

En novembre 2011, l'Ensemble Artefact a enregistré son premier disque. Celui-ci est une représentation de ce que l'Ensemble Artefact peut proposer de divers dans ses esthétiques et ses œuvres. Il est à la fois un souvenir pour notre public, ainsi qu'un outil promotionnel destiné aux professionnels des milieux culturels.
Pour en découvrir des extraits, vous pouvez vous rendre sur la page Media.

Contredanses est disponible à la vente à la fin de nos concerts ou par correspondance.

Vous pouvez aussi le télécharger via les principales plate-formes de téléchargement, comme par exemple iTunes.

Que sont les « contredanses » ?

L'évolution de la musique de danse

La danse résulte-t-elle de la musique, ou la musique est-elle née de la danse ? Cela revient à poser l'équation de l'œuf et de la poule. Au fil du temps, les relations entre la danse et la musique ont beaucoup varié. Avec l'avènement de la musique religieuse, le caractère dansé disparaît d'une partie de la musique occidentale, alors que la musique profane, et notamment populaire, entretient sa relation étroite aux mouvements du corps.
C'est d'ailleurs bien pour cela que la plupart des musiques à danser font le plus souvent référence aux danses du peuple : bourrée, tarentelle, rigaudon, gigue, sicilienne. Les danses roturières sont nombreuses. Seules quelques danses aristocratiques survivent au temps, tels le menuet, la gavotte ou la valse. Toutes ces danses seront égelement confrontées aux musiques et aux danses des autres continent, à commencer par le jazz et toutes les musiques qui en sont issues. La musique à danser est donc multiple. Les compositeurs du XXe siècle vont détourner ces danses et se les approprier pour mieux les détourner, leur rendre hommage. C'est tous ces aspects que tente de présenter ces Contredanses.

L'album Contredanses inspiré par Foucault (Michel, pas Jean-Pierre !), par Trami Nguyen

Le contre-espace de Michel Foucault est un espace autre, un espace de contestation du réel. C'est ainsi qu'il posait dans les années 60 les fondements du concept d'hétérotopie qui inspira dans tous les pays du monde : artistes, architectes, philosophes, politiques, historiens et écrivains… C'est à travers ce prisme que doit être lu le terme de « contre-danse » comme clin d'œil et humble relecture de ce grand concept. Le choix de ce programme n'est pas pour autant théorique, mais au contraire il invoque le geste et le son dansés. Il est contre-espace, et contre-danse, dans ce qu'il correspond à une contestation sublimée de l'espace d'un réel dansé et transformé par la musique dite savante, qui se voit ici particulièrement riche stylistiquement, virtuose très souvent ou encore complexe, enfin, toujours poétique. En tant qu'« hétérotopie de la danse », elle présente ainsi les mêmes caractéristiques décrites par Foucault. Tout d'abord, des géographies normalement incompatibles se rejoignent dans cet espace : territoires irlandais, paysages russes, espaces dramatiquement confinés de camp de travail, dancing ou encore pistes de tango, club de jazz. Ce sont des espaces également uchroniques, où les histoires se mêlent et où le temps s'écoule à l'infini : les plus anciennes mélodies populaires, klezmer, irlandaises côtoient les plus récentes pulses d'inspiration électronique, les mélopées modales revisitées par des écritures contemporaines, sans parler des incursions vers le jazz et le tango. Des lieux et des temporalités contraires s'y retrouvent, mais leur ouverture et fermeture y sont régies également de façon différente. Est-il difficile de rentrer dans ce contre-espace où les œuvres sont très peaufinées dans leur conception ? Elles sont pourtant universelles, synesthésiques, parfois narratives, physiques et sensuelles. On entre tous dans la contre-danse, mais cette danse serait-elle malaisée ? Des rythmes décalés s'insinuent en effet dans les failles de chaque pas, et les corps en mouvance rêvée imaginent les voix secrètes des violoneux, des héros tragiques, des prisonniers, des soldats, ou encore des jazzmen. Le corps scelle l'écoute de danses non dansées, et se révèle dans l'imaginaire en entrant dans un monde pourtant bien charnel. Ces Contredanses se veulent donc capables de faire virevolter des danseurs irréels, et d'être par là-même une subversion de modèles réels.